Détournement des 22 000 euros au centre Anne Frank de Bagnolet – le Parisien

Détournement des 22 000 euros au centre Anne Frank de Bagnolet – le Parisien.

Si l’on comprend bien cette affaire embrouillée, il s’agirait d’un règlement de compte entre le clan de « Dynamique citoyenne » de Mohamed Hakem et celui de Bagnolet en commun » d’Edouard Denouel, tous deux alliés – successifs – du PS. On comprend dès lors l’embarras de Di Martino.

Ce 12 mars 2021 dans leparisien.fr avec quelques commentaires :

« Bagnolet : des agents municipaux détournent 20000 euros de chèques destinés aux enfants »

Des employés de la maison de quartier Anne-Frank auraient volé des chèques Lire et cadeaux destinés à des familles défavorisées. Quatre suspects ont été placés en garde à vue. Le maire a diligenté une enquête administrative.

(Photo du centre Anne Frank ;Bagnolet. Les chèques Lire destinés aux enfants de la maison de quartier Anne-Frank ne sont jamais parvenus aux familles défavorisées qui auraient dû en bénéficier. Google Street View)

Par Nathalie Revenu 

Tony di Martino (PS) aura attendu une semaine avant de s’exprimer, pressé par ses collaborateurs. L’affaire met le maire de Bagnolet mal à l’aise, car il y est question de détournement de chèques Lire et de chèques cadeaux destinés au centre de quartier Anne-Frank.

Ces malversations ont été commises au préjudice de familles défavorisées, et elles écornent l’image de sa ville. « Quatre personnes ont été placées en garde à vue la semaine dernière, indique le parquet de Bobigny. L’enquête se poursuit en préliminaire. »

Au moins l’un des mis en cause serait un employé municipal. Les autres sont apparentés avec l’agent communal. Le montant des détournements avoisinerait les 22 000 euros. Pour les seuls chèques Lire, les malversations porteraient sur 1055 euros.

 

Une plainte déposée par la CAF

C’est donc en termes choisis et assez vagues que Tony di Martino a choisi de briser ce mutisme intenable, en s’entourant toutefois d’un luxe de précautions : « Des agents du centre de quartier Anne-Frank seraient impliqués dans le cadre d’une potentielle utilisation frauduleuse de chèques Lire. » (La dame a été perquisitionnée le 2 mars et le communiqué du maire est du 10 ! Soit 8 jours après. Et Di Martino a refusé d’associer la commune à la plainte de la CAF. Ndlr)

Ces dispositifs sont destinés aux enfants dans le cadre de l’opération Lire Ecrire Grandir. Ils sont financés par la CAF, qui a d’ailleurs porté plainte. Le maire indique qu’il a « diligenté une enquête administrative ». Il ajoute que « si de tels faits étaient effectivement confirmés, la Ville continuerait à prendre ses responsabilités, en adoptant toutes les mesures nécessaires, y compris disciplinaires ». Il précise néanmoins : « Nous n’avons pas déposé plainte. »

Avant que Tony di Martino ne se décide à aborder la question, l’affaire avait été éventée le week-end dernier. Sur sa page Facebook, Brahim Ben Ramdan, ancien élu d’opposition, avait mis les pieds dans le plat.

«On ne pouvait pas laisser faire ça»

« Des agents de la ville auraient volé et utilisé des chèques Lire destinés aux enfants les moins favorisés », écrivait-il. Interrogé sur ses déclarations, il explique : « J’ai été un lanceur d’alerte. C’est une injustice. On ne pouvait pas laisser faire ça. Je voulais mettre le maire devant ses responsabilités. »

Dans son post, Brahim Ben Ramdan ne s’en tient pas à ses premières salves et se place sur un terrain plus politique. Parlant des agissements des personnels peu scrupuleux, il lâche : « Pire, ils auraient agi en masquant leur escroquerie en accusant une femme, par usurpation d’identité, alors qu’elle n’avait rien fait. »

Usurpation d’identité

Lorsque les bénéficiaires ont utilisé les chèques volés dans les commerces, notamment pour acheter du matériel multimédia, ils se sont bien gardés de divulguer leur vraie identité. Les chèques Lire, en effet, ne sont pas nominatifs.

Ils ont toutefois communiqué les nom et prénom d’une ancienne employée municipale. Ce qui a valu à celle-ci une perquisition en règle, dès l’aube, et « de se retrouver en garde à vue pour vol et recel de chèque », indique une source proche de l’enquête.

 

Devant ses dénégations, mais aussi l’exploitation de ses comptes bancaires et d’images vidéo, il est apparu qu’il y avait bien méprise. D’autres personnes apparaissaient sur les caméras. Devant ces preuves accablantes, certaines d’entre elles passeront aux aveux.

«On essaie d’atteindre le maire»

Il s’avère que cette ex-employée de la mairie n’a pas été choisie au hasard. Dans l’entourage du maire, on précise qu’elle avait été au centre d’une polémique sur un emploi présumé (présumé fictif (présumé … Ndlr) en 2019. Recrutée comme chargée de mission dans le service urbanisme, on lui reprochait de n’avoir pas occupé son poste.

Dans un premier temps, elle avait été en congé maladie, puis en congé maternité. Le maire avait néanmoins décidé de prolonger son contrat jusqu’en 2020. Cette suspicion avait été prise très au sérieux, et l’hôtel de ville avait eu droit à la visite de la brigade de la répression de la délinquance économique en février 2020. L’affaire est toujours en cours.

Pour ce proche de Tony di Martino, ce nouvel épisode peu glorieux est une nouvelle démonstration « de haines recuites entre des personnes qui veulent se payer le maire ». « On essaie de l’atteindre par ce prétendu emploi fictif, estime-t-il. Ce qui ressort aujourd’hui, c’est la queue de la comète. Cela aurait dû éclater pendant la campagne des municipales. (Et cela n’a éclaté qu’après, une fois Tony Di Martino réélu, Comme c’est bien tombé ! Ndlr) »

Pierre Mathon