« Désapprendre l’idée de race », écrit Thomas Chatterton Williams en sous-titre de son essai. Et dès le début, il explique (fort bien) comment est implantée l’idée de race dans les individus. Ainsi, lui qui est métis, né d’un père noir et d’une mère blanche, se voit noir. Du moins aux Etats-Unis, où règne toujours dans les consciences la « one-drop rule » — même si elle n’est plus appliquée légalement : une goutte de sang noir suffit à faire de vous un Noir, comme une goutte de café dans le lait en fait du café au lait.

Mais l’auteur, journaliste au New York Times Magazine, a vécu et vit toujours en France. Notre pays a toujours été considéré comme un Eden anti-racial par les Noirs américains, de Josephine Baker à Chester Himes en passant par Charlie Parker.  Williams est de surcroît marié à une Blanche : le livre commence par la naissance de sa fille, blonde aux yeux bleus et à la peau porcelaine — mais techniquement « noire » s’il faut en croire les préjugés américains, qui perpétuent la ségrégation alors même qu’elle a été abolie. Et en France, a-t-il remarqué dès le début, on ne classifie pas les Blancs et les Noirs de la même manière : non seulement il ne viendrait à l’idée de personne d’exiger un certificat génétique prouvant que vous avez tel degré de négritude dans le sang, mais la perception du Noir et du Blanc est toute différente. D’ailleurs, Williams a été considéré comme « maghrébin » à de multiples reprises. Et sommé de parler arabe…

Neymar: « Je ne suis pas noir, vous savez »

Bien sûr, la division américaine entre Blancs et Noirs existe chez nous — dans la tête des indigénistes et autres militants de l’UNEF qui au nom de la pensée de gauche se sont mis en tête de réhabiliter le racisme.

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Nous ne sommes pas les seuls à avoir une vision non manichéenne des races — nous qui avons aboli le terme. « Au Brésil, explique-t-il, une goutte de sang blanc rend la personne non-noire ». Et de raconter qu’«en 2010, quand un journaliste a demandé à Neymar da Silva Santos Júnior, la superstar du football au teint basané et aux cheveux frisés de père noir et de mère blanche, s’il avait déjà été victime de racisme, il avait eu cette célèbre réponse : « Jamais. Ni sur le terrain ni en dehors. Je ne suis pas noir, vous savez ». »

Le livre raconte comment l’auteur s’est extirpé de cette vision raciale — au gré des études (et manifestement, plus