La prochaine Coupe du monde au Qatar donne l'occasion aux de découvrir les mœurs et les lois locales : l’homosexualité et les relations sexuelles entre personnes non mariées sont passibles de sept ans de prison. Coup de chance : seuls les dealers sont passibles de la peine de mort ! Le mariage entre personnes de même sexe reste, dans ce pays, considéré comme une promotion de l’homosexualité. Exit, donc, les homosexuels mariés des hôtels avec lesquels la FIFA a passé des contrats pour accueillir les foules. La loi s’appliquera, bien sûr, aux joueurs, aux staffs des équipes comme aux supporters. Accessoirement, a-t-on envie de dire, la consommation d’alcool sera proscrite en dehors des fan zones. Brandir des drapeaux LGBT serait aussi considéré comme une insulte au pays d’accueil. Les contrevenants sont avertis, avant peut-être d’être... prévenus et détenus.

Ce pays s’est vu attribuer cette compétition en dépit de craintes et de difficultés multiples : la construction des stades et les conditions de travail des ouvriers qui les ont bâtis ; les perturbations dans le calendrier des championnats nationaux et continentaux ; le jeu sous de fortes chaleurs et la dépense énergétique pour climatiser stades ou fan zones ; l’accueil des spectateurs et la liberté qui allait leur être accordée. Tout ceci était connu, mais les autorités politiques et sportives, la FIFA, laissèrent faire. Mieux : elles se voilèrent la face sur chacun de ces sujets, malgré les enquêtes et les avertissements de plusieurs journalistes et ONG.

De ce rappel naîtra-t-il un boycott de cet événement sportif majeur ? Nul ne sait. Et un pays a le droit de faire respecter sa loi. Mais tout de même… Que n’a-t-on réfléchi et négocié avant ? La FIFA, qui proteste mollement que le Qatar ne se soit adapté aux valeurs d’équité (sic) entre les personnes et de non-discrimination envers les homosexuels, se trouve prise au piège qu’elle s’est créé par son choix. Tartuffes ! Tartuffes, car la même FIFA était convenu, en 2018 (avant la Coupe du monde en Russie), d'exiger des normes minimales en matière de droits de l'homme de la part des pays candidats à l'organisation, notamment la tolérance zéro en ce qui concerne la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle.

Le deuxième tartuffe ? Les Qataris. Combien consomment allègrement femmes et alcool au pays de la douce France ? Passons… Ou suivons les témoignages des réseaux sociaux et des influenceuses…

Le troisième tartuffe ? Le PSG ! Le PSG qatari de Nasser al-Khelaïfi qui sanctionna Idrissa Gueye lors de la dernière journée de championnat de France parce qu'il avait refusé de porter un maillot floqué aux couleurs LGBT.

Comme quoi l'obligation de soutenir une cause est à géométrie bien variable.

L’affaire de l’accueil et du comportement privé des joueurs et des spectateurs de la prochaine Coupe du monde au Qatar pose ainsi deux questions : un pays a-t-il le droit, sinon le devoir, de faire respecter la loi qu’il s’est donnée ? Qui remportera le prix des tartuffes ? Enfin, question subsidiaire : la France doit-elle y participer ?

À Rome, vis comme les Romains ! Le Qatar a le droit de faire respecter sa loi. Mais la France doit boycotter cette compétition. Elle s’honorerait de lancer une campagne d’opinion en ce sens.